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INTERNATIONAL

CSW70 : le Tchad présente ses réformes visant à protéger les femmes et à élargir l’accès à la justice


Alwihda Info | Par Olivier Noudjalbaye Dedingar, Expert-consultant international, humanitaire et journaliste indépendant. - 20 Mars 2026


Le Tchad a réaffirmé son engagement à renforcer la protection juridique et à améliorer l'accès à la justice pour les femmes et les filles, lors de la 70e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, qui s'est tenue au siège de l'ONU à New York.


Déclaration nationale du Tchad : discours prononcé par la ministre d’État, ministre de la Protection de la femme et de la Petite enfance, Kotoko Gata Nalu, devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Photo : ONU.
Déclaration nationale du Tchad : discours prononcé par la ministre d’État, ministre de la Protection de la femme et de la Petite enfance, Kotoko Gata Nalu, devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Photo : ONU.
Présentant la déclaration nationale du Tchad, la ministre d'État et ministre de la Protection de la femme et de la petite enfance, Kotoko Gata Nalu, a expliqué comment les projets de son gouvernement s'inscrivent dans les objectifs de cette session.

« Le thème de cette session, consacré au renforcement de l'accès à la justice pour toutes les femmes et les filles, est au cœur des priorités du gouvernement tchadien », a-t-elle déclaré aux délégués, soulignant que la justice et l'égalité demeurent des piliers essentiels du développement national durable.

Elle a fait remarquer que garantir aux femmes et aux filles un accès plein et entier à la justice n'est pas seulement une obligation légale, mais une condition sine qua non d'une véritable égalité des sexes. Selon elle, le Tchad a pris des mesures concrètes ces dernières années pour renforcer le cadre juridique et institutionnel protégeant les droits des femmes.

L'une des évolutions les plus significatives a été l'adoption de la Constitution de la Cinquième République en 2023, qui consacre formellement les principes d'égalité et de non-discrimination. La ministre a déclaré que cette réforme constitutionnelle témoigne de la volonté du pays de placer l'égalité des sexes au cœur de sa gouvernance.

Au-delà des dispositions constitutionnelles, elle a indiqué que le Tchad a renforcé son système législatif en criminalisant plusieurs pratiques néfastes et formes de violence qui touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles. Il s'agit notamment des mutilations génitales féminines, du mariage d'enfants et des violences domestiques, ainsi que de mesures plus générales visant à lutter contre la discrimination.

Ces réformes juridiques, a expliqué la ministre, sont complétées par des initiatives politiques visant à garantir que les protections inscrites dans la loi se traduisent par un accès réel aux services et à la justice pour les victimes.

Parmi ces initiatives figure l'adoption d'une Politique nationale pour les femmes, conçue pour orienter les programmes relatifs à l'égalité des sexes et les réformes institutionnelles dans tous les secteurs de l'État. Par ailleurs, le Tchad a mis en œuvre un plan d'action national conforme au programme « Femmes, paix et sécurité » établi par la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2023-2027.

Le gouvernement a également mis en place une stratégie nationale de lutte contre les violences sexistes, visant à renforcer la prévention et à améliorer les services de soutien offerts aux victimes. Dans le cadre de cette stratégie, des centres intégrés de prise en charge et d'assistance aux victimes de violences ont été créés dans plusieurs régions.

Ces centres proposent des services juridiques, médicaux et psychosociaux destinés à aider les victimes à s'orienter dans le système judiciaire et à se reconstruire après les violences subies. « Nous avons créé des centres intégrés de prise en charge des victimes de violences », a souligné la ministre, expliquant que ces structures regroupent les services essentiels au sein d'un même établissement afin d'améliorer le soutien apporté aux victimes.

Par ailleurs, Mme Kotoko indique que le Tchad a mis en place une ligne d'assistance téléphonique nationale permettant aux personnes de signaler les cas de violence et d'obtenir une aide immédiate. Les autorités estiment que ces mécanismes amélioreront le signalement et permettront une prise en charge plus rapide des cas de violence. Outre la protection juridique et les systèmes de soutien aux victimes, le gouvernement accorde une grande importance à l’autonomisation économique des femmes.

Selon la ministre, l’élargissement de la participation des femmes à la vie économique est essentiel à la réalisation du développement durable et de la stabilité sociale. Pour soutenir cet objectif, le Tchad a lancé le Programme national d’autonomisation économique et sociale des femmes, une initiative financée par l’État visant à renforcer leur indépendance économique et leur accès aux opportunités.

La ministre a déclaré que des progrès significatifs sont déjà visibles en matière de participation des femmes à la vie publique. Les réformes législatives instaurant la parité ont permis une augmentation notable de la représentation des femmes au sein des institutions nationales. « Grâce à la loi sur la parité, la représentation féminine dépasse désormais les 34 % au Parlement », a-t-elle affirmé, ajoutant que la participation des femmes continue de progresser dans d'autres domaines de l'administration publique. Malgré ces avancées, le gouvernement reconnaît que d'importants défis subsistent. La ministre a souligné que garantir un accès effectif à la justice dans toutes les régions du pays nécessitera des investissements soutenus et un renforcement des capacités institutionnelles.

« L’accès effectif à la justice, la protection des victimes de violence et l’autonomisation économique des femmes nécessitent encore des investissements substantiels », a-t-elle déclaré. Pour l’avenir, le Tchad prévoit de renforcer ses programmes nationaux tout en approfondissant sa coopération avec ses partenaires internationaux.

Parmi les priorités clés figurent l’extension des centres de soutien aux victimes à toutes les provinces, la promotion de l’entrepreneuriat féminin et l’amélioration de l’accès des filles à l’éducation dans les domaines des sciences, des technologies et des mathématiques. Elle a souligné que ces initiatives s’inscrivent dans un effort plus large visant à garantir que les femmes et les filles puissent pleinement participer au développement national et bénéficier de l’égalité des chances.

En conclusion, la ministre a insisté sur le fait que l’accès à la justice doit dépasser le stade des engagements politiques pour devenir une réalité concrète pour les femmes et les filles. « L’accès à la justice pour les femmes et les filles ne doit pas rester un principe abstrait », a-t-elle affirmé. « Il doit devenir une réalité concrète pour toutes et tous. »

Elle a ajouté que le Tchad demeure déterminé à collaborer avec ses partenaires internationaux et les institutions multilatérales pour promouvoir l’égalité des sexes et bâtir une société plus inclusive et équitable.

Des femmes font la queue pour voter lors d'un référendum constitutionnel dans un bureau de vote à N'Djamena, au Tchad. Photo : voanews/AFP
Des femmes font la queue pour voter lors d'un référendum constitutionnel dans un bureau de vote à N'Djamena, au Tchad. Photo : voanews/AFP

La délégation tchadienne à la CSW70 au siège de l'ONU à New York. Photo : ONU.
La délégation tchadienne à la CSW70 au siège de l'ONU à New York. Photo : ONU.



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